L’argent ne fait pas le bonheur… vraiment ?
Qui n’a jamais entendu l’expression « l’argent ne fait pas le bonheur » ? On oublie souvent son ajout : « mais il y contribue ». Et cette petite nuance change beaucoup de choses, tu ne trouves pas ? 😉
Dans nos sociétés polarisées où l’on aime les oppositions simplistes,
on tombe souvent dans l’écueil de ces deux images : celle du milliardaire déprimé, qui possède tout mais n’est jamais satisfait, et celle de la glorification de la misère — « regarde, ils n’ont rien mais pourtant ils ont tout » 🥱.
Ce serait pourtant malhonnête de prétendre que l’argent n’achète que des biens matériels. Mais lorsque l’on en a peu, sommes-nous pour autant condamné·es à être malheureux·ses ? Et la fameuse « sobriété heureuse », que l’on brandit si facilement : le reste-t-elle lorsqu’elle est subie plutôt que choisie ?!
C’est ce malentendu que j’ai voulu explorer ici. À travers mon propre rapport à l’argent, la manière dont notre société organise nos désirs et les outils qui m’aident à garder un peu la main sur ma situation, j’ai tenté de comprendre ce que l’argent change réellement dans nos vies.
Et parce que réfléchir à son rapport à l’argent, c’est aussi prendre un peu de recul sur sa propre situation, je t’ai préparé un petit carnet à télécharger gratuitement 😉.

OBSERVER — Nommer ce qui se joue vraiment
Peut-on vraiment comparer les situations financières ?
En matière d’argent et de budget, il est difficile de comparer des situations qui ne reposent pas sur les mêmes réalités. Un même revenu ne signifie pas la même chose selon le pays où l’on vit, la composition de son foyer, son patrimoine, son logement ou encore le coût de la vie.
Par exemple, un SMIC en région parisienne ne donne pas les mêmes possibilités que dans une petite ville où les dépenses contraintes sont différentes. Derrière un même seuil peuvent se cacher des situations tellement différentes…
La pauvreté n’est pas non plus une notion universelle. Cela ne rend évidemment pas les difficultés des uns moins légitimes que celles des autres : être davantage privilégié sur une échelle mondiale ne dispense personne de défendre ses droits et de lutter contre les inégalités.

Ce que l’argent achète vraiment
Si l’argent ne suffit pas à faire le bonheur, il serait tout aussi faux de prétendre qu’il n’a aucune importance dans nos vies. C’est quelque chose que l’on sous-estime facilement lorsqu’on ne manque de rien.
Une stabilité financière permet notamment :
- plus de sécurité, pour faire face aux imprévus sans que le moindre problème devienne une catastrophe 🫠;
- plus de marge de manœuvre, avec la possibilité de dire non à une dépense, à un emploi ou à une situation qui ne nous convient pas 🙅;
- plus de liberté, parce que nos choix sont moins directement dictés par nos contraintes financières 🐦 ;
- plus de temps, lorsqu’on peut déléguer certaines tâches, réduire son temps de travail ou simplement s’offrir des moments de repos ⏳ ;
- moins d’angoisse et de renoncements, qu’il s’agisse de loisirs, de vacances, de soins ou simplement de petits plaisirs du quotidien 😑.
L’argent n’est évidemment pas un totem d’immunité contre les épreuves de la vie. On peut en avoir et être malade, endeuillé, seul ou profondément insatisfait. Comme le dit le proverbe « Qui a la santé a tout, qui n’a pas la santé n’a rien », oui ici on aime les expression insolites #femmedelettres.
Mais l’inverse mérite d’être dit aussi : manquer d’argent peut rendre certaines épreuves beaucoup plus difficiles à traverser.
Alors comme le dit, avec un peu de brutalité, l’expression consacrée : il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et mal foutu 😬.
L’ARGENT N’ACHÈTE PAS LE BONHEUR.
Mais il peut acheter…
Sécurité
Temps
Liberté
Choix
Pourquoi avons-nous pourtant toujours l’impression de ne pas avoir assez ?
Nous vivons dans une économie où une grande partie de nos besoins et de nos aspirations passent par la consommation. Nous avons besoin de nous nourrir, de nous loger, de nous déplacer, de nous vêtir et de nous faire plaisir.
Mais quelque chose est devenu particulièrement vicieux : transformer nos envies en besoins et nos insatisfactions en occasions d’achat. Le problème, c’est que cette vie idéale recule constamment…🧐
Et c’est là que je trouve le paradoxe fascinant : nous vivons dans une société d’abondance et avons pourtant souvent le sentiment de ne jamais avoir assez. Assez d’argent, de temps, de place, de confort, de vacances, parfois voir de nous-mêmes !

Pour autant, même si j’en ai très envie, je ne voudrais pas faire porter toute la responsabilité au seul capitalisme.
Le désir humain ne date évidemment pas de la révolution industrielle. Les philosophes de l’Antiquité s’interrogeaient déjà sur notre tendance à désirer toujours davantage. Le philosophe Épicure, par exemple, proposait de distinguer les désirs naturels et nécessaires des désirs qui ne le sont pas, et invitait à apprendre à les trier. Tout un programme!
La difficulté est aussi qu’à notre époque, nous sommes constamment exposés à ce que les autres possèdent, font ou semblent réussir. Les réseaux sociaux donnent à la comparaison sociale, une visibilité et une fréquence inédites. À force de voir les vies des autres mises en scène, il devient facile de confondre ce que nous désirons réellement avec ce que nous avons appris à désirer. Notre consommation est une part de notre identité, qu’on le veuille ou non.
Et peut-être que la question n’est donc pas seulement : « Est-ce que je le désire vraiment ? », mais aussi : « est-ce que j’ai été conditionné.e à penser que j’en avais besoin ? ».
Unpopular opinion: on a collectivement trop normalisé des choses qui sont du luxe: les voyages, le saumon, l’alcool, les restaurants… (liste non exhaustive)🫣
Quand l’argent devient une mesure de la valeur
Notre rapport à l’argent est profondément ambivalent. Nous pouvons à la fois admirer la réussite financière et nous méfier de celles et ceux qui affichent leur richesse qui est parfois perçue comme vulgaire ou suspecte. La pauvreté peut être associée au dépouillement, mais aussi et surtout à profond mépris de classe. Dans une société aussi inégalitaire que la nôtre, je reconnais avoir moi-même du mal avec l’étalage de fortunes, le m’as-tu vu, le bling-bling.
[Le braquage de Kim Kardashian à Paris en 2016 m’avait d’ailleurs frappée : les « papys braqueurs » avaient été presque érigés en héros de film, façon Robin des Bois.]
Un problème apparaît lorsque l’on commence à confondre ce que quelqu’un gagne avec ce qu’il vaut. Certains métiers sont très peu rémunérés et pourtant indispensables. On se rappelle des métiers essentiels, ceux de premières nécessités, les premières lignes, acclamés pendant le covid. Qu’en reste-t-il aujourd’hui? Et ce n’est sans doute pas un hasard si de nombreuses professions féminisées restent parmi les moins bien rémunérées.
Les « bullshit job » continuent de prospérer. Ils permettent de gagner beaucoup sans qu’ils aient davantage de valeur ou d’utilité sociale.
Lorsque j’étais salariée, les paies étaient une affaire d’État. Une véritable chasse aux sorcières pour savoir qui gagnait combien et qui avait réussi à négocier quelques euros de plus. Je me souviens notamment d’une collègue, avec les mêmes qualifications que moi, qui me prenait de haut parce qu’elle gagnait environ « cent balles et un Mars de plus » par mois 😅.
Je n’ai jamais eu d’énergie à consacrer à ce genre de rivalités. Nous étions toutes de petites gens, et pourtant nous préférions nous battre pour des miettes plutôt que de regarder les véritables inégalités en face et de nous demander à qui le système profite réellement 👀.
Et cela me dérange profondément : on nous apprend facilement à nous comparer, mais beaucoup moins à interroger les mécanismes qui produisent ces écarts.
CULTIVER — Ce que cette question travaille en moi
Mon propre rapport à l’argent
Pour savoir d’où je parle, il faut peut-être commencer par quelques éléments de mon histoire. J’ai grandi en HLM, dans un foyer modeste, mais au sein d’une commune bourgeoise. J’ai donc appris très tôt à naviguer entre plusieurs milieux sociaux. J’en connais suffisamment les codes pour être une sorte de petit caméléon,
mais de ne jamais me sentir à ma place nul part…
Nous vivions avec peu, mais je n’ai jamais eu le sentiment de manquer de l’essentiel.
Lorsque je vivais avec le père de ma fille, nous avions une vie confortable. Par là, j’entends le fait de ne pas avoir à faire ses courses à l’euro près. C’est probablement ma référence personnelle du confort. Nous n’avions ni loisirs onéreux ni grandes velléités de voyages. Cela montre aussi à quel point notre perception de ce qui est « suffisant » dépend de notre histoire, de notre personnalité et de nos habitudes.

Aujourd’hui, je suis mère célibataire et je travaille à mon compte. Mes revenus sont fluctuants et, ramenés à l’année, restent très modestes. Etant à mon compte, il me reste néanmoins une nette marge de progression. Si je veux être totalement transparente, cette situation m’angoisse tous les jours ou presque.
Mon objectif est clair : pouvoir subvenir à mes besoins avec mon propre salaire. Je n’ai pas forcément envie de vivre à nouveau avec quelqu’un et, en tout cas, je ne fais pas de cette éventualité un élément de mon équilibre financier… En gros, aucun homme ne va m’acheter, d’aucune façon que ce soit…
Je connais la valeur de l’argent et à quel point son absence de visibilité peut devenir une source d’angoisse 😓. Mais il n’est pas pour autant devenu le moteur principal de ma vie.
Mon métier a également profondément modifié ma perception de ce qui compte réellement. J’accompagne des personnes confrontées à des maladies graves, incurables et cela change forcément le regard que l’on porte sur le temps…
L’épisode du Covid, dont j’ai déjà parlé dans cet article, a également déclenché quelque chose de très fort chez moi. Nous pouvons passer beaucoup de temps à courir après le bifteck à remettre à plus tard des projets qui nous tiennent à cœur et à attendre le moment où toutes les conditions seront enfin réunies. J’ai trop souvent constaté que ce moment n’arrivait parfois jamais…
Et puisqu’on finira tous au même endroit, alors à quoi bon vouloir devenir « le/la plus riche du cimetière » ? ☠️
C’est aussi pour cela que j’ai voulu profiter des jeunes années de mon enfant. Tout s’achète ou presque, mais on ne rachète pas le temps perdu. S’il y a bien une chose que je ne regretterai jamais, ce sont tous les moments passés ensemble et la relation exceptionnelle que nous avons construite.
Je n’ai pas eu cette enfant pour simplement la croiser entre deux obligations. Ce n’est ni une contrainte, ni un sacrifice, je prends même de plus en plus de plaisir à passer ces moments ensemble. Si le sujet t’intéresse, j’en parle régulièrement dans mes articles de journaling.
Aujourd’hui : être précaire sans se laisser définir ni enfermer
J’ai eu la chance d’avoir un modèle parental équilibré dans leur rapport à l’argent. Mes parents n’ont jamais vécu au-dessus de leurs moyens. Lorsqu’ils n’avaient pas les moyens d’acheter quelque chose, ils attendaient, économisaient, cherchaient une autre solution ou renonçaient simplement à l’achat.
C’est sans doute pour cela que certains conseils de consommation « spécial crise » m’amusent parfois. J’ai toujours baigné dans une certaine forme de débrouille. Comparer les prix, troquer des vêtements, chercher une alternative moins chère ou simplement renoncer à un achat qui n’est pas indispensable : ce sont des habitudes avec lesquelles j’ai grandi.
Mais il y a une différence entre savoir gérer un budget et avoir suffisamment d’argent pour les dépenses contraintes. La débrouille ne fait pas disparaître la précarité!
Ce que j’ai envie de retenir: c’est que je suis plus que mon niveau de revenus. Et je refuse que la précarité devienne une identité à laquelle je devrais me conformer!
La sobriété n’est pas la même chose quand elle est choisie
Il y a une chose qui me met particulièrement en colère : la manière dont certain.e relativisent parfois les difficultés financières des personnes précaires tout en refusant de reconnaître leurs propres privilèges.
Une personne aisée a le droit d’être inquiète, stressée ou malheureuse. Les difficultés ne disparaissent pas parce qu’on gagne davantage. Apparemment, dès fois cela rajoute même des problèmes supplémentaires #pasconcernée 😬.
Mais il y a une différence entre avoir des difficultés financières et devoir arbitrer sur des dépenses essentielles. Entre craindre une dépense imprévue et devoir actualiser son compte plusieurs fois par jour pour vérifier quand la rentrée d’argent va arriver. Quand on doit compter chaque dépense à l’euro près, les « problèmes d’argent » ne recouvrent tout simplement pas la même réalité.
C’est aussi pour cela que la « sobriété heureuse » me laisse parfois perplexe. Lorsqu’elle est choisie, elle peut effectivement être une manière agréable de vivre : consommer moins, privilégier l’essentiel, ralentir, faire soi-même, profiter de ce que l’on possède déjà. Mais quand est-il lorsque l’on n’a pas les moyens de consommer davantage ?
Je trouve donc assez violent de glorifier la sobriété sans jamais parler du privilège qu’il peut y avoir à pouvoir la choisir.
Ce que je choisis de ne pas acheter
Cette distinction entre privation et choix est particulièrement importante dans mon propre rapport à l’argent. Je me suis progressivement tournée vers une forme de minimalisme qui correspond autant à l’éducation que j’ai reçue qu’à ma personnalité.

Je parle davantage de ces choix de consommation et de cette envie de simplicité dans mes articles consacrés au Lifestyle malin.
Sincèrement, je n’ai pas le sentiment de me priver en ne voyageant pas, en n’achetant pas de marques ou en ne dépensant pas chez le coiffeur et l’esthéticienne. Même si mes ressources me le permettaient davantage, je ne suis pas certaine que je ferais d’autres choix. Ce ne sont tout simplement pas les choses auxquelles j’ai envie de consacrer mon argent.
Je ne suis évidemment pas là pour faire la morale à celles et ceux qui ont d’autres priorités. Mais je me connais suffisamment pour savoir ce qui est important pour moi : pouvoir ralentir le rythme quand c’est nécessaire, passer du temps avec ma fille, ou tout simplement jardiner sur mon balcon.

En travaillant à mon compte, j’ai également développé ce réflexe : « Ok, ça représente combien d’heures de travail ? Et est-ce que cela vaut réellement l’énergie que j’ai dépensée pour gagner cet argent ? » Cette question m’aide simplement à remettre certaines priorités en perspective.
Et je crois que c’est finalement ce qui distingue, pour moi, le choix de la contrainte : ne pas acheter quelque chose ne signifie pas toujours y renoncer. Parfois, c’est simplement décider que cet argent et le temps nécessaire pour le gagner, aura davantage de valeur ailleurs.
Ma foi : un appui, pas une glorification du dénuement
Cela peut sembler contradictoire avec ce que j’ai écrit plus haut, mais ma foi m’aide à vivre cette période avec davantage de sérénité. Pas parce qu’elle me ferait croire que l’argent n’a aucune importance ou que le dénuement serait une expérience spirituellement souhaitable. Simplement parce qu’elle me rappelle que je ne suis pas seule à porter l’inquiétude de tous les lendemains.
« Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. » — Matthieu 6:26
Ce passage me porte particulièrement. Dieu a toujours pourvu à mes besoins. J’ai un toit sur la tête, je mange à ma faim (et jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas besoin de plus de trois repas par jour), j’ai de quoi m’habiller, une santé qui me permet de travailler, des gens que j’aime infiniment et un blog pour écrire ce qui me passe par la tête.
Chaque jour, j’ai déjà beaucoup de choses qui me satisfont. Même si ma situation est précaire sur le papier, je ne me considère pas comme une personne à plaindre. Cela ne signifie pas que je ne ressens pas d’inquiétude face à ma situation financière. Mais cette inquiétude ne résume pas ma vie.
J’aime particulièrement le temps du Carême pour cette raison. C’est une période qui m’invite à interroger sur ce qui prend trop de place dans ma vie, à me recentrer sur l’essentiel et à me rappeler que je peux aussi vivre avec moins.
Si ma vie prenait fin demain, je n’aurais pas le sentiment d’être passée à côté de l’essentiel.
Parfois, j’envie mon chat. Lui ne se pose pas la question des lendemains, des charges à payer, de sa retraite ou de ce qu’il va manger ce soir. Être un chat, c’est peut-être finalement la vie qu’on mériterait toutes et tous 😉.

TRANSMETTRE — Reprendre la main sans culpabiliser
Gérer son argent sans se comparer
Avant de parler de budget et de gestion de l’argent, je veux mettre quelque chose au clair : il ne s’agit en AUCUN cas de glorifier la pauvreté.
Ce que je viens de raconter ne doit surtout pas devenir un argument du type : « Vous voyez, ces gens peuvent finalement se contenter de ce qu’ils ont. » Encore moins une manière de laisser entendre que les personnes pauvres seraient responsables de leur situation.
La reconnaissance, la sobriété ou la capacité à trouver du bonheur dans les petites choses ne remplacent ni un revenu suffisant ni une véritable lutte contre les inégalités!
Autre point qui me semble important : méfions-nous du jugement que nous portons sur la manière dont les autres gèrent leur argent. L’œil, la poutre, tout ça… Je connais des personnes aisées qui prennent des décisions financières catastrophiques. Sauf que les conséquences ne sont pas les mêmes lorsqu’il y a de l’épargne, du patrimoine ou simplement une marge financière suffisante pour absorber les erreurs.
On retrouve cette logique dans les éternels débats sur l’allocation de rentrée scolaire, où il faudrait expliquer ce qu’une famille a le droit d’acheter ou non. Ou dans cette phrase que j’entends parfois: « Je ne donne pas aux personnes sans domicile parce qu’elles vont acheter de l’alcool. » Comme si nous étions soudain devenus comptables de leurs dépenses.
Gérer son budget n’est pas une compétence innée : cela s’apprend. Nous gagnerions à parler davantage d’argent avec les enfants. Pour leur donner des repères et leur permettre de comprendre la valeur de l’argent, ce que signifie économiser et comment faire des choix. Il y a d’ailleurs des initiatives sur ce sujet à l’éducation nationale et je m’en réjouis (une fois n’est pas coutume!).

C’est ce que je vais essayer de faire à mon niveau avec ma fille. Lui donner progressivement de l’argent de poche 💸 me semble être une bonne manière de lui permettre d’expérimenter par elle-même.
Apprendre à gérer son argent, c’est apprendre à faire ses propres choix, à se tromper parfois et à assumer les conséquences de ses décisions. J’ai hâte de voir comment ma fille va se dépatouiller 😁.
Boîte à outils
Gérer son budget n’est pas inné et je suis loin d’être une experte en la matière. Heureusement, nous avons aujourd’hui accès à une multitude de ressources.
S’il y a un seul conseil que je peux me permettre de donner, c’est celui-ci : ne te compare pas! Il n’existe pas un seul modèle possible. Ta situation n’est pas celle de ta voisine/cousine/collègue. Tu ne sais pas ce qu’elle a dans son porte-monnaie, comment elle gère son argent ni quelles contraintes elle doit affronter. Il n’existe pas de budget parfait à reproduire.
POUR FAIRE LE POINT SUR SON BUDGET
Marie Duboin — méthode BISOUS
Une approche concrète pour mettre sa situation financière à plat et questionner sa façon de consommer.
→ Je t’en parle aussi dans mon top lecture zéro déchet.
POUR SUIVRE SON BUDGET
J’utilise également l’application Plan Cash, qui propose une version gratuite et une version payante. Personnellement, la version gratuite me suffit largement.
POUR CONSOMMER AUTREMENT
J’ai aussi découvert récemment la chaîne YouTube Mûre et Noisettes. On est davantage sur une approche de la sobriété choisie et leurs conseils ne réinventent pas la roue, mais c’est justement ce que j’apprécie : beaucoup de bon sens, sans méthode miracle ni promesse de devenir riche en trois semaines.
POUR CONNAÎTRE SES DROITS
Parce qu’on ne connaît jamais assez ses droits, je te recommande de consulter les simulateurs et sites officiels. Une part importante des aides sociales auxquelles on peut prétendre n’est pas réclamée.
Ces informations sont accessibles gratuitement : pas besoin de payer un créateur de contenu pour connaître ses droits.
BESOIN D’UN COUP DE MAIN ?👋
Avoir besoin d’aide peut arriver à tout le monde. Un aléa de la vie peut suffire à faire basculer une situation… Nous avons la chance de vivre dans un pays où la solidarité nationale existe encore… Il n’y a aucune honte à utiliser les dispositifs auxquels on a droit lorsqu’on en a besoin.
Les CCAS et les services sociaux départementaux peuvent notamment accompagner les personnes dans leurs démarches et les aider face à certaines difficultés financières, notamment en cas d’endettement ou de surendettement.
Le PDF à télécharger
Et parce qu’ici, on adore les petits outils pour s’approprier les sujets, je t’invite à télécharger le PDF suivant.
L’objectif est simplement de te permettre de te situer sans jugement et de réfléchir à ta propre situation. Et c’est gratuit, alors si tu penses qu’il peut aider quelqu’un, n’hésite pas à partager le lien de l’article 😉.
Conclusion — Un article plus douloureux que prévu
Je ne pensais pas que cet article serait aussi remuant à écrire. Il m’a obligée à regarder ma propre situation en face, à interroger mon rapport à l’argent et à mettre des mots sur des injustices qui me mettent profondément en colère 🤬.
J’ai d’ailleurs beaucoup beaucoup poli ce texte. La première version était bien plus véhémente, parfois violente. J’ai choisi de la retravailler parce que la colère ne suffit pas toujours à faire entendre ce que l’on cherche à dire. Mais cette violence initiale n’était pas gratuite non plus. Elle était, à mes yeux, à la hauteur de la violence symbolique qui peut se jouer dans notre rapport à l’argent, aux inégalités et à la précarité.
Alors, plutôt que de répéter que « l’argent ne fait pas le bonheur », je préfère retenir cette vieille expression (encore une) : les petits ruisseaux font les grandes rivières.
Les petites économies aussi finissent par compter. Une dépense évitée ici, quelques euros mis de côté là… Cela ne résoudra évidemment pas les inégalités ni la précarité. Mais, à son échelle, chacun peut apprendre à reprendre un peu de pouvoir sur son argent et à décider de ce qu’il veut en faire.
C’est l’histoire d’un p’tit pêcheur
Et l’histoire de tellement d’gens
On t’fait croire que le bonheur
C’est courir après l’argent
On te dit « gagne ta vie »
Comme si vivre suffisait pas
Pas besoin d’un grand navire
Pour atteindre c’que t’as déjà




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