À l’approche d’Halloween 🎃, quoi de plus satisfaisant qu’une petite story time sur mes expériences paranormales ? Pour faire monter progressivement le suspense, je vais partir de l’anecdote la plus rationnelle jusqu’à celle qui reste, encore aujourd’hui, la plus perturbante à mes yeux !
Déjà, est-ce que je crois aux fantômes ? Je ne suis pas certaine d’avoir la réponse. Mais au fil des années, j’ai vécu quelques situations suffisamment étranges pour avoir envie de te livrer, à mon tour, mes expériences.
Je te raconte, sans chercher à te convaincre : à toi de décider ensuite si tu y vois du paranormal, une explication parfaitement rationnelle… ou quelque chose d’un peu plus difficile à classer.
Mes expérience paranormales
Le manoir hanté du Pays basque
Lorsque j’étais enfant, j’étais fascinée par l’univers de l’occultisme. J’ai grandi avec les livres Chair de Poule et la série Fais-moi peur dont certains épisodes m’ont franchement terrifiée. Tu te rappelles de la bicyclette rouge ? Moi, oui 😆! Et je regardais Hocus Pocus en boucle avec mes sœurs. Plus tard, il y a eu Charmed (toujours 3 soeurs) et La Famille Addams bien sur!
Autant dire que j’étais parfaitement préparée à devenir une adulte raisonnable et rationnelle (non).
Mon premier souvenir paranormal remonte à une maison de famille du Pays basque. C’est un vieux manoir situé dans un petit village de la soule, dans la famille depuis plus d’un siècle. Évidemment, une maison aussi ancienne vient avec son lot de légendes.
Il se raconterait notamment qu’un tunnel secret relierait la maison à l’église du village. Un suicide aurait également eu lieu dans la bâtisse et, depuis, des mouches 🪰s’agglutineraient chaque année sur la fenêtre depuis laquelle la personne aurait sauté…

Mais ce n’est pas tout.
Mon arrière-grand-mère affirmait communiquer avec le fantôme de la maison. Elle disait qu’il était gentil…
Le manoir appartient aujourd’hui à l’une de mes tantes et je n’y suis allée que deux fois. La première fois, je devais avoir environ quatre ans. Mes cousins s’amusaient alors à imiter le facétieux spectre 👻.
Et autant te dire que dans une vieille bâtisse gothique aux murs de pierre et aux parquets grinçants, le moindre bruit devient rapidement inquiétant. Même en plein après-midi.
Heureusement que le couple Warren n’est plus de ce monde, sinon je les verrai déjà débarquer, crucifix à la main.
Bref, on a commencé doucement non ?
Une apparition : la dame blanche (pas le dessert!)
La deuxième expérience est nettement plus effrayante à mes yeux.
Je devais avoir entre 6 et 8 ans. Je jouais devant la porte-fenêtre, en pleine journée, quand j’ai levé la tête.
Et j’ai vu une femme.
Elle était très près de moi, de l’autre côté de la porte-fenêtre. Une silhouette immobile, vêtue de blanc, avec de longs cheveux détachés.
Je ne me souviens pas de son visage. Je ne me souviens pas non plus de ce qui s’est passé juste après. Mon souvenir s’arrête presque là : j’ai vu cette silhouette, j’ai eu peur, et cette image est restée.

Effet d’optique ? Hallucination visuelle ? Rêverie éveillée ? Véritable apparition ?
Je n’en sais absolument rien!
Mais cette image m’a longtemps perturbée. Pendant des années, j’ai surtout eu peur d’une chose : être « folle » d’avoir vu ce que j’avais vu.
Le plus amusant ou pas, c’est que des années plus tard, cette histoire a laissé une petite trace bien concrète : aujourd’hui encore, lorsque je passe devant cette porte-fenêtre la nuit, j’ai peur d’y voir quelqu’un 😅.
Comme quoi, même quand on devient adulte, certaines histoires d’enfance ont la peau dure.
Un fantôme dans une maison de retraite ?
J’ai travaillé en Ehpad, lieu propice aux âmes errantes et autres joyeusetés. Je me rappelle de deux anecdotes en particulier. La première concerne une résidente très âgée qui présentait d’importants troubles. Un matin, alors qu’elle regardait une fenêtre à l’étage, elle a soudain bougonné : « Pourquoi il me regarde, celui-là ? »
Il s’agissait de la chambre d’un résident décédé quelques jours auparavant.
Je sais qu’il existe une multitude d’explications parfaitement rationnelles à ce qu’elle a dit. Mais lorsqu’on est là, au moment où cela se produit, c’est tout de même assez troublant.
Une étrange histoire de métamorphose
Une autre situation m’a beaucoup plus marquée. Je me souviens d’une résidente qui présentait des délires. À un moment, elle m’a raconté quelque chose qui m’a littéralement glacé le sang : elle était persuadée qu’une personne de son entourage se trouvait dans la pièce à coté et qu’elle était en train de se métamorphoser. Elle est pas cool cette anecdote digne d’un mauvais épisode d’American Horror Story ?!

Je savais parfaitement, sur le plan clinique, que ses troubles pouvaient expliquer ce qu’elle percevait. Mais savoir quelque chose rationnellement et le ressentir émotionnellement sont deux choses très différentes. Sur le moment, j’ai ressenti l’une des plus grandes terreurs de ma vie! Je n’avais qu’une envie: prendre mes jambes à mon cou et fuir le plus loin possible.
Se réveiller à l’heure du décès
Lorsque mon dernier grand-père est décédé, je me suis réveillée en pleine nuit, précisément au moment de son décès.
Bien sûr, nous savions que sa mort était imminente. C’était une question de jours et nous étions donc dans l’attente.

Mais ce n’est pas le seul souvenir de ce genre.
Il m’est arrivé à plusieurs reprises d’avoir des intuitions très fortes dans mes rêves.
Je ne saurais pas dire si cela signifie quelque chose ou si mon cerveau fait simplement ce qu’il fait de mieux : chercher du sens, relier des informations, des émotions et des souvenirs sans que j’en aie conscience.
Mais sur le moment, c’est troublant.
Une lampe qui saute toute seule (et c’était pas Pixar)
Lorsque j’étais enceinte, vers la fin de ma grossesse, je souffrais d’une sciatique. Mon médecin m’avait prescrit des séances de kinésithérapie.
La kiné me plaçait sous une lampe chauffante et partait ensuite s’occuper d’autres patients.

Un jour, alors que j’étais tranquillement installée, j’ai vu de mes propres yeux la prise de la lampe sauter littéralement du mur.
Pas se décrocher.
Sauter littéralement !
Je me souviens très précisément de la scène.
Évidemment, après coup, j’ai cherché une explication. J’ai demandé à mon père, qui est électricien. J’ai fait des recherches.
Je n’ai rien trouvé qui me permette de comprendre ce que j’avais vu.
Ce n’est probablement pas l’événement le plus spectaculaire de cette liste, mais c’est peut-être celui qui m’a le plus interpellé parce que je n’ai jamais réussi à trouver une explication satisfaisante.
Rêver de ses proches après leur mort
J’ai perdu un oncle assez brutalement, à la suite d’un AVC hémorragique.
Quelque temps après son décès, j’ai rêvé de lui et de mon grand-père, lui aussi décédé.
Dans mon rêve, j’étais en voiture pour rejoindre mon travail. Ils se trouvaient tous les deux au bord de la route.

Je leur ai dit au revoir.
Mon oncle m’a souri, puis a penché la tête comme pour me faire signe que je pouvais poursuivre ma route.
Et j’ai redémarré 🛣️.
C’était un rêve, évidemment, mais certains ont une texture particulière. Ils restent avec nous au réveil, avec une impression de réalité difficile à expliquer.
Celui-là en fait partie.
Une lampe allumée en pleine nuit
La dernière en date s’est produite pendant des vacances en Normandie.

Nous séjournions dans une station balnéaire, dans une très ancienne villa. Une de ces maisons qui ont une histoire, des hauts plafonds, de vieilles pièces et cette atmosphère particulière qu’ont certains bâtiments anciens.
La ville, elle, a aussi une histoire assez lourde : elle a été occupée par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.
Une nuit, alors que nous dormions, je me suis réveillée.
Et à l’autre bout de la pièce, une lampe était allumée 💡.
C’était une lampe qui était éteinte au moment où nous nous étions couchés et qui se trouvait suffisamment loin pour que personne ne puisse l’allumer depuis le lit. J’ai voulu l’éteindre et impossible. J’ai dû décrocher la prise du mur (encore une histoire de prise !).
Évidemment, il y a forcément une explication.
Mais je dois reconnaître qu’au beau milieu de la nuit, dans une très vieille villa normande ayant connu l’Occupation, une lampe qui décide soudainement de s’allumer toute seule à l’autre bout de la pièce… ce n’est pas exactement le genre de chose qui aide à se rendormir sereinement.
Une entité ou une hallucination ?
Et pour terminer, l’expérience qui m’a le plus perturbée. Dans le cadre de mon travail, j’ai été confrontée à plusieurs reprises à des personnes qui souffraient d’hallucinations et qui pouvaient donner à leurs perceptions une interprétation paranormale. Pour des raisons de confidentialité, je ne peux pas développer, mais c’était digne d’un épisode de Paranormal Witness. Je peux dire que pour l’un des cas, il m’est arrivé de repartir avec une véritable peur, qui pouvait m’accompagner jusque chez moi .
Et si les vivants hantaient les lieux ?
Ces expériences dites paranormales n’ont pas été suffisamment concluantes pour me convaincre, mais assez pour me laisser une empreinte durable. Ce qui me vient en pensant à ces phénomènes, c’est que certains se sont déroulés dans des lieux avec des empruntes émotionnelles très fortes.
Je rêve encore à l’heure actuelle des lieux qui ont marqué ma vie : la maison de mes grands-parents, leur maison à la campagne, mes lieux professionnels. Alors m’est venu cette réflexion, et si c’était nous les vivants qui hantions encore certains lieux ? Il y a des endroits que je n’ai jamais vraiment quitté, comme si j’y avais laissé un peu de mon âme comme avec des horcruxes 🧙.

C’est pourquoi j’ai une appétence pour les vidéos sur les lieux hantés, la mémoire des murs (passion vidéo urbex!). Je ne crois pas du tout qu’on puisse communiquer à l’aide de pendule, baguette, guéridon, planche et autres objets électroniques. J’ai une perception beaucoup plus romantique de la chose. J’aime à penser qu’il y a peut-être effectivement une autre forme d’existence.
Je ne sais toujours pas si les fantômes existent. En revanche, je sais que certains lieux restent profondément associés à celles et ceux que nous avons aimés. Je sais que nous continuons à rêver des maisons de notre enfance, des personnes disparues, des endroits qui ont compté. Je sais que certaines pièces peuvent nous faire ressentir immédiatement quelque chose, parfois des années après les avoir quittées.
Alors peut-être que nous nous trompons de fantômes.
Peut-être que ce ne sont pas les morts qui hantent les lieux, mais nous, les vivants. Peut-être que nous laissons quelque chose de nous derrière nous : des souvenirs, des émotions, des habitudes, des histoires. Comme si une toute petite partie de nous restait accrochée quelque part.
Le paranormal est-il devenu un business ?
Quand le mystère devient un produit de consommation
Ce qui me met en colère, c’est toute la marchandisation qui a lieu autour du paranormal. Capitalisme oblige, c’est devenu un business comme un autre. Je ne doute pas que les personnes qui en font leur gagne-pain soient sincères dans la plupart des cas, mais peu importe finalement : dès lors qu’il y a de l’argent à gagner, le mystère devient un produit. Il transforme quelque chose que je trouve finalement assez poétique — notre besoin de donner une présence, du sens à ce que nous avons perdu — en produit à consommer.

L’escroterisme ou le danger des réponses toutes faites
Encore pire, c’est lorsqu’on passe du « je ne sais pas ce qui s’est passé » au « je sais ce qui s’est passé ». J’ai raconté toutes ces expériences sans jamais être capable de déterminer ce qu’elles étaient réellement. Mais je ne veux pas laisser quelqu’un réécrire mon expérience pour autant. Je sais ce que j’ai vécu. Je ne sais simplement pas comment l’expliquer.
Et c’est encore plus problématique lorsqu’on apporte des réponses toutes faites à des personnes vulnérables.
Cette question n’est d’ailleurs pas nouvelle pour moi. J’avais déjà raconté mon propre cheminement face au new-age et ce qui m’avait amenée à prendre mes distances avec certaines de ces pratiques.
Si le sujet t’intéresse, j’en parle plus en détail ici : Chakras, tarots, sorcellerie : comprendre les dérives du new-age (mon témoignage).
Quand le paranormal devient une explication à la souffrance
Dans mon travail, j’ai rencontré des personnes pour lesquelles les hallucinations, les sensations de présence ou les convictions de possession étaient une source de souffrance bien réelle. Une personne entend des voix ? Une entité. Elle ressent une présence ? Un défunt essaie de communiquer. Elle fait des cauchemars ? Sa maison est hantée. Elle traverse une période difficile ? Elle serait particulièrement « sensible aux énergies ».
C’est séduisant parce que cela donne immédiatement du sens à quelque chose qui nous échappe. Et je comprends très bien pourquoi cela peut être rassurant. Le cerveau humain déteste le vide et l’incertitude. Nous cherchons des causes, des histoires, des explications. Une explication paranormale peut parfois être beaucoup plus satisfaisante qu’un « on ne sait pas ».
Mais lorsqu’une personne est en souffrance, cela peut devenir autrement plus problématique. Renforcer l’hypothèse d’une entité, d’une possession ou d’une maison hantée ne me semble pas anodin. Cela peut augmenter la peur, renforcer certaines croyances et enfermer davantage la personne dans une interprétation qui lui fait déjà du mal.
Je peux aimer les histoires de fantômes, les lieux hantés, les vieilles maisons chargées de légendes et même garder une petite place pour l’inexplicable. Mais je n’ai pas besoin de transformer le mystère en certitude.
Et encore moins de vendre cette certitude à quelqu’un qui va mal.
Parce que ma conviction profonde, c’est que nous avons parfois besoin de laisser certaines choses sans réponse.
Le religieux face au paranormal
Pourquoi le religieux semble-t-il toujours être la cible ?
Il y a quand même une chose qui m’a toujours intriguée dans mes histoires de paranormal : le religieux semble régulièrement se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Dans la maison familiale du Pays basque, ma tante religieuse n’arrive pas à dormir. Et dans la maison de retraite où j’ai travaillé, une des anecdotes les plus étranges concernait justement… une statuette de la Vierge installée dans une vitrine. Régulièrement, les soignantes la retrouvaient renversée.

Dans mon expérience, le religieux semble presque systématiquement être attaqué par le paranormal. Et moi, au milieu de tout ça, je me demande encore ce que je suis censée en conclure 🤷♀️.
Que dit la Bible sur les fantômes et le paranormal ?
Parce que forcément, avec ma foi, la question m’intéresse : qu’est-ce que la Bible raconte exactement ?
Et là encore, c’est beaucoup plus subtil que « les fantômes, ça n’existe pas ».
La Bible est remplie de surnaturel. Il y a des anges, des démons, des visions, des rêves, des miracles, des apparitions. Le monde invisible y occupe même une place importante.
En revanche, elle condamne clairement les pratiques qui consistent à chercher volontairement à communiquer avec les morts ou à obtenir des informations par l’intermédiaire de pratiques occultes. Le Deutéronome, le Lévitique et Ésaïe mettent notamment en garde contre la divination, les médiums et la consultation des morts.
Et je trouve la nuance intéressante : ce qui est condamné, ce n’est pas tellement de se dire qu’il existe peut-être quelque chose que nous ne comprenons pas. C’est de chercher à entrer volontairement en contact avec ces forces, à obtenir des informations d’elles ou à essayer d’en tirer un pouvoir.
Et finalement, cela rejoint assez bien ma propre position. Je peux ressentir une forme de fascination pour le paranormal sans avoir envie de jouer les apprenties sorcières. Je préfère laisser une part de mystère et premier degré cela me fait vraiment peur !
Ma propre relation à la spiritualité est d’ailleurs un long fleuve pas tranquille. Je me suis longtemps questionnée, doutée, éloignée puis rapprochée de la foi, sans que cela fasse disparaître mon goût pour le mystère ou mes interrogations. J’ai raconté ce cheminement dans Renaître dans sa foi : mon parcours spirituel entre doutes et quête de sens.

Et si nous étions les véritables fantômes ?
Je sais que certains lieux marquent plus que d’autres. Mais les lieux hantés ne sont peut-être pas toujours ceux auxquels on pense. Pas forcément une vieille bâtisse au milieu de la campagne écossaise. Peut-être que les endroits qui nous hantent vraiment sont beaucoup plus ordinaires : une chambre d’enfant, une maison familiale, une rue que l’on a traversée pendant des années, un travail que l’on a quitté.
Des lieux parfaitement banals pour les autres, mais qui portent pour nous quelque chose qui ne se voit plus.
Alors peut-être que nous nous trompons de fantômes.
Je faisais déjà cette réflexion dans Journal de février : le règne de l’image, apprendre à regarder autrement, en me demandant si ce qui compte vraiment n’est pas justement ce qui échappe à l’image et à l’archive.
Peut-être que certains lieux nous hantent pour la même raison : parce qu’une partie de ce que nous y avons vécu continue d’y vibrer, sans témoin.
Et finalement, je crois que c’est cette idée-là qui me plaît le plus dans les histoires de fantômes.
Mais maintenant, c’est à ton tour : est-ce que tu as déjà vécu une expérience que tu n’as jamais réussi à expliquer ? Une apparition, une drôle de coïncidence, un rêve particulièrement troublant, un objet qui semblait avoir décidé de vivre sa propre vie… ? Si tu le souhaites, l’espace commentaire est là pour cela.




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